L’hiver a parfois la mauvaise habitude de frapper sans prévenir. Et quand novembre décide de se prendre pour janvier, c’est toute la France qui retient son souffle. Retour sur ces épisodes de froid extrême qui ont transformé l’Hexagone en boule à neige.
Le retour précoce des flocons
Il y a des années où l’hiver prend de l’avance, et pas qu’un peu. Dans certaines régions, notamment les Alpes et les Pyrénées occidentales, la neige s’est invitée dès les premiers jours de novembre, déposant localement jusqu’à 50 centimètres de poudreuse. Et si les plaines semblaient encore épargnées, les météorologues prévoyaient déjà un réveil blanc dans plusieurs villes dès le jeudi suivant.
Ce brusque changement a surpris, d’autant que Météo-France annonçait initialement un hiver plutôt doux et sec. De quoi raviver la mémoire collective et réveiller les souvenirs de certains mois de novembre particulièrement rudes… parfois même historiques.
Novembre 1919 : Paris sous 20 centimètres de neige
On dit souvent que les Parisiens ne sont pas préparés à la neige. Mais en novembre 1919, personne ne l’était. Une tempête d’une rare intensité s’abat alors sur la moitié nord de la France. Résultat : 20 cm de neige à Paris, un record encore cité aujourd’hui par les passionnés de météorologie. À Besançon, même scénario : 25 cm tombent en une seule journée, ce qui en fait l’une des plus grosses chutes de neige depuis 1887.
C’est le genre d’événement que les anciens racontent encore au coin du feu, le genre d’hiver qui transforme une simple balade en expédition polaire.
Le froid glacial de novembre 1969
Si la neige impressionne, le froid extrême marque encore plus les esprits. Le 30 novembre 1969, c’est un vrai coup de froid qui glace la France. À Mouthe, dans le Doubs — surnommée la « petite Sibérie » française — le thermomètre plonge à -29,6 °C. Un froid presque irréel pour une fin d’automne.
Et la vague de froid ne s’arrête pas là. Le même jour, on relève -11 °C à Aurillac, -9 °C à Romorantin. Pour les habitants, la simple idée de sortir devient un défi, et les voitures refusent obstinément de démarrer. Dans certaines communes, les canalisations gèlent, et l’eau courante devient un luxe temporairement inatteignable.

Novembre 1980 : les températures virent au bleu
Nouvelle alerte hivernale, cette fois le 6 novembre 1980. À peine les citrouilles d’Halloween rangées que la France entière se réveille frigorifiée. Le froid s’installe brutalement, accompagné de précipitations neigeuses abondantes. À Brest, pourtant habituée à la pluie plus qu’au gel, le mercure chute à -0,6 °C.
Pendant ce court laps de temps, le pays bascule dans une ambiance arctique : 21 cm de neige à Rostrenen, 30 cm à Clermont-Ferrand, 28 cm à Béziers. Les températures flirtent avec les extrêmes : -1 °C à Angers, -11,5 °C à Rodez, -7,5 °C à Cognac. On gratte les pare-brise à la cuillère, on ressort les plaids et les chauffages d’appoint.
Il y a 105 ans (le 14 novembre 1919), une véritable tempête de #neige paralysait la moitié Nord de la France (20 cm à #Paris). Si la neige pourrait également apparaître en plaine la semaine prochaine, qu'en est-il de la neige et du froid en novembre ? >>> https://t.co/KCN6S5Uqm6 pic.twitter.com/1YKVtYdaFW
— Guillaume Séchet (@Meteovilles) November 14, 2024
2010 : l’hiver s’installe dès novembre
Plus récemment, c’est novembre 2010 qui a marqué les esprits. Ce mois-là, la France grelotte comme rarement auparavant. À Orléans, on mesure -15,3 °C, et à Guillon, le thermomètre chute à -16,8 °C. Même les plus frileux se rappellent encore de cette période où sortir sans gants relevait de l’inconscience.
Cet épisode est resté dans les mémoires comme l’un des plus froids de ces dernières décennies en France à cette période de l’année.
Moralité ? Novembre peut parfois être plus rigoureux que janvier. Ces souvenirs climatiques nous rappellent que le climat reste capricieux, et que malgré les prévisions les plus pointues, la nature aime encore nous surprendre. Alors, autant garder l’écharpe à portée de main, même avant l’Avent.

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