Il a beau avoir quitté les plateaux de Top Gear depuis longtemps, Jeremy Clarkson n’a rien perdu de son franc-parler. Aujourd’hui reconverti en agriculteur médiatique, il continue pourtant de suivre l’actualité automobile de près. Et le constat qu’il dresse est sans appel : la voiture moderne l’ennuie, l’agace… et ne lui fait plus rien ressentir.
Une passion intacte, mais une industrie qui l’exaspère
Jeremy Clarkson n’est pas devenu indifférent à l’automobile. Bien au contraire. Mais selon lui, le secteur s’est éloigné de ce qui faisait battre le cœur des passionnés : le plaisir de conduire, la mécanique visible, le lien direct entre l’homme et la machine. Dans un échange récent avec Harry Metcalfe, figure respectée du journalisme automobile et lui aussi agriculteur, Clarkson explique pourquoi il ne regarde presque plus les nouveautés avec envie.
Pour lui, les voitures d’aujourd’hui se ressemblent toutes. Des silhouettes lisses, des intérieurs standardisés, et une obsession pour la technologie embarquée qui finit par écraser toute émotion.
Trop d’écrans, pas assez de sensations
C’est l’un de ses griefs majeurs : l’invasion des écrans tactiles. Là où un simple bouton permettait autrefois d’ajuster la ventilation sans quitter la route des yeux, il faut désormais naviguer dans des menus complexes. Clarkson compare volontiers ces interfaces à des égaliseurs audio des années 1970 : beaucoup de réglages, peu d’utilité réelle.
Il raconte, non sans ironie, que dans certaines voitures, régler la température devient un exercice de patience. Résultat : des erreurs, des traces de doigts partout, et surtout une distraction permanente. Voilà pourquoi il continue de rouler dans des voitures âgées de plus de dix ans : elles ont encore de vrais boutons, simples et efficaces.
Des systèmes de sécurité qui coupent l’élan
Autre source d’agacement : les aides à la conduite devenues obligatoires. Alertes sonores, surveillance de voie, rappels de vitesse… Clarkson reconnaît l’intention louable, mais déplore leur excès. À chaque prise en main d’un nouveau modèle, il doit passer de longues minutes à désactiver ces systèmes.
Pour quelqu’un qui conduit régulièrement des voitures différentes, cela devient, selon lui, une perte de temps et d’énergie. Il pointe ici une dérive souvent critiquée par des organismes de sécurité routière eux-mêmes : trop d’alertes peuvent nuire à l’attention du conducteur, un phénomène bien documenté en ergonomie automobile.
Jaguar : une mue nécessaire, mais sans passion
Clarkson garde une affection particulière pour Jaguar, marque qu’il a souvent défendue. Il se souvient notamment d’un périple en Mauritanie à bord d’une F-Type, qu’il s’attendait à voir rendre l’âme dans le désert. Contre toute attente, la voiture a tenu bon. Une révélation.
Il comprend pourtant que le constructeur ait choisi la voie du tout électrique. Les ventes des modèles sportifs et berlines traditionnelles s’essoufflaient, et le marché américain plébiscite désormais les véhicules zéro émission. Il admet la logique économique, sans pour autant adhérer au résultat. Pour lui, une Jaguar électrique reste un non-sens émotionnel.
L’électrique, un mur infranchissable
C’est sans doute là que le fossé est le plus profond. Clarkson n’arrive pas à aimer la voiture électrique. Silence, absence de vibration, accélération linéaire : rien ne l’enthousiasme. Il concède avoir été séduit par le design de la nouvelle Renault 5 électrique, qu’il trouve réussie et pleine de clins d’œil. Mais l’absence de moteur thermique suffit à le refroidir.
Pour lui, le bruit, la mécanique et même une part d’imperfection font partie intégrante du plaisir automobile.
L’âge d’or est déjà derrière nous
Selon Clarkson, l’automobile a atteint son sommet il y a une dizaine d’années. À cette époque, les voitures étaient à la fois confortables, fiables, performantes et suffisamment simples. Depuis, la surenchère technologique aurait pris le dessus, au détriment du bon sens.
C’est aussi pour cela qu’il ne voit aucune raison de changer de voiture. Sa Jaguar F-Type, achetée d’occasion, fonctionne parfaitement malgré quelques bruits de plastique. Et à 65 ans passés, il ne ressent plus le besoin de suivre la nouveauté à tout prix.
Une voix clivante, mais révélatrice
Comme souvent avec Jeremy Clarkson, le ton est excessif, parfois provocateur. Mais ses critiques font écho à un malaise réel chez de nombreux automobilistes. Entre technologie envahissante, voitures électriques standardisées et perte d’émotion, le débat sur l’avenir de l’automobile est loin d’être clos.
Qu’on partage ou non son point de vue, Clarkson rappelle une chose essentielle : une voiture n’est pas qu’un objet fonctionnel. Pour beaucoup, elle reste une histoire de sensations, de souvenirs… et de passion.

David a transformé sa love story avec les moteurs en expertise reconnue sur les circuits et les routes de France. Entre essais exclusifs et conseils techniques, il partage sans filtre ses découvertes pour vous aider à vivre pleinement votre passion automobile. David décrypte pour vous l’ADN de chaque véhicule avec authenticité et précision.




